Le luthier aujourd’hui

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Le luthier est un artisan d’art qui se consacre à la fabrication, la restauration, la réparation et l’entretien des instruments à cordes. Bien qu’il existe de nombreuses facettes à ce métier, nous aborderons ici principalement le métier de luthier du quatuor, qui se spécialise dans les instruments à cordes frottées de la famille du violon.

Fabrication volute violon - guillaume kessler
Les mains du luthier : son principale outil de travail.

Définition du luthier

À l’origine, le luthier est le fabricant de luths. Mais après le déclin de cet instrument, la signification du mot s’élargit pour désigner le fabricant d’instruments de la famille du violon (violon, alto, violoncelle, également appelé quatuor à cordes). Par extension, le terme désigne parfois le fabricant d’instruments à cordes frottées ou pincées comportant un manche (guitares, mandolines, contrebasses, vieilles etc…). Le luthier doit savoir réparer un instrument ancien, le recoller, le rebarrer, ainsi qu’en faire l’entretien ; il doit également savoir fabriquer un instrument neuf, en sélectionner les bois et construire toutes les pièces à partir de modèles. Il se sert pour cela d’outils comme les rabots, les canifs, les ciseaux, les gouges (pour sculpter les voûtes et la volute), les scies, le compas d’épaisseur (pour mesurer les épaisseurs du fond et de la table), le fer à cintrer (pour donner aux éclisses la courbure voulue) et le traçoir (pour tracer, sur le fond et la table, la rainure devant recevoir les filets). Pour terminer, il procède au vernissage de l’instrument.

Adaptation de l’Encyclopédie Larousse

 

Les origines du métier de luthier du quatuor

Les ateliers de lutherie ont toujours produit des instruments en vogue à leur époque, ainsi le luth, violes et autres instruments de la renaissance ont laissés place à la famille du violon au cours du 16ième siècle en Italie et s’est progressivement démocratisé dans le reste de l’Europe. Alors que les violons, altos et autres violoncelles se trouvent encore sous leur forme baroque, on assiste au début du 18ième siècle à une standardisation des formes et proportions autours des modèles de luthiers très connus. Ces artisans géniaux, tels que Amati, Stradivari, ou Guarneri, on produit des instruments qui font rêver encore aujourd’hui et on donné à Crémone, leur ville d’origine, un rayonnement international. Ils ont également donné leur lettre de noblesse à la profession et sont à l’origine de bien des mystères.

Au fil des siècles, les besoins ont changés, les instruments, les musiciens aussi. Les luthiers ont dû s’adapter à la demande et les instruments s’en sont trouvés transformés. Il y avait également beaucoup plus d’instruments anciens sur le marché, ceux-ci devenant très précieux, ils nécessitaient également des soins tout particuliers. De nos jours nous évoluons à la frontière entre innovations et traditions, nos matériaux et procédés de fabrications restent fondamentalement les mêmes, mais les moyens mis à notre disposition sont à la pointe de la technologie.

 

 

Le métier de luthier de nos jours

Actuellement en France, selon un recensement réalisé par l’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM), environ 400 luthiers étaient en exercice en 2009, majoritairement dans de très petites entreprises (de 1 à 3 personnes). A ce nombre on peut ajouter toutes les catégories de luthiers non-officiellement établis et les amateurs.

Afin d’en vivre, la majorité des artisans montent leur propre entreprise et travaillent seul ou à plusieurs dans les différents secteurs évoqués plus bas. Mais il est également possible de trouver un emploi dans des ateliers prestigieux ou dans des magasins de musique bien que les places soient très prisées et limitées.

 

les outils du luthier
Les outils permettent au luthier de façonner chaque pièces de l’instrument, ce sont principalement des outils à mains tels que les premiers fabricants les utilisèrent.

 

La diversité d’activité du luthier

Aujourd’hui, un luthier travaillant seul ou à plusieurs peut choisir d’exercer sa profession de plusieurs manière, suivant ses choix :

  • La fabrication : Il s’agit de fabriquer sur mesure et de vendre ses instruments aux musiciens ou aux revendeurs. C’est une voie dont de nombreux luthiers rêvent, mais pourtant très peu arrivent à vivre exclusivement de cette activité.
  • La réparation et l’entretien : la réparation et l’entretien d’un instrument est un service dont la plupart des musiciens ont besoin de manière assez régulière. Que ce soit simplement d’un nettoyage ou d’un montage, à la réparation d’un éclat, une fissure ou même la reconstitution d’une table complètement fracassée : tout peut-être arrangé par un luthier qualifié.
  • La restauration : Certains instruments de grande valeur nécessitent parfois de grosses interventions pour leur redonner un état plus acceptable, cela peut aller jusqu’au remplacement de certaines parties à l’aide de techniques sophistiquées. Ces manipulations doivent-être exécutées par des experts afin d’éviter tout dégâts irréversibles aux matériaux d’origine.
  • La vente : La vente d’instruments neufs, anciens et de leurs accessoires est sans doute l’objectif de la plupart des artisans. Que ce soit leur propre production, des antiquités ou des instruments d’usines chinoise, l’objectif est de proposer un panel assez large qui pourra satisfaire tout le monde. De l’amateur à l’expert passionné.
  • L’archèterie : Il n’est pas rare que les luthiers proposent des services pour les archets, bien que le métier d’archetier soit une profession différente. C’est ainsi qu’ils proposent en général des reméchages et autres réparations mineures sur les archets en plus de la vente. Certains luthiers fabriquent également leurs propres archets.
  • La location : Pouvoir louer un instrument de qualité représente souvent un avantage pour les étudiants qui désirent s’initier à l’instrument sans en faire l’acquisition. C’est pour cela que la location est souvent un service proposé par les luthiers. Certains même ne se basent que sur ça.
  • L’expertise : Des luthiers érudits et expérimentés peuvent fournir leurs service dans des maisons d’enchères ou à des particuliers afin de faire estimer leurs biens. Les documents qu’ils délivrent, en général une attestation de valeur et un certificat d’origine, peuvent alors être exploités de manière légales. Ils touchent à chaque fois une commission calculée à partir d’un pourcentage de la valeur de l’instrument certifié.

 

Un luthier peut choisir de se spécialiser dans un ou plusieurs de ces domaines surtout lorsqu’il est employé (dans un grand atelier ou un magasin), mais en général les luthiers indépendants sont obligés de se charger de la plupart de ces aspects pour pouvoir en vivre.

 

Comment devenir luthier

L’apprentissage de la lutherie demande énormément d’investissement matériel et de temps. Trouver une formation n’est pas non plus des plus simple et ceci démotivera déjà la plupart des candidats manquant de détermination.

Les principales qualités qui sont demandées à un luthier sont :

  • Un attrait pour le travail manuel (à la fois du bois, mais aussi du métal)
  • Un goût pour les sciences physiques (mathématiques, géométries, physique, chimie, acoustique)
  • Une patience et de l’attention aux détails
  • Une oreille et une culture musicale développées par la pratique d’un instrument

Bien que l’on cite beaucoup de ces qualités comme requises ne serait-ce que pour commencer l’apprentissage de la lutherie. Il est de mon avis qu’il ne s’agit que de prédispositions qui peuvent aider à son apprentissage, mais en aucun cas de pré-requis. Je vois plutôt cela de la manière inverse : pourquoi quelqu’un qui n’a aucun goût pour la musique ou le travail du bois pourrait ne serais-ce qu’une seconde penser à devenir luthier. Tout peut s’apprendre à partir du moment où l’on s’en donne des moyens.

 

Pour ce qui est de l’apprentissage en lui même, il existe plusieurs écoles diplômantes en France enseignant dans le domaine de la lutherie :

  • CAP (certificat d’aptitude professionnelle) lutherie et CAP ouvrier archetier en alternance au CFA SEPR de Lyon
  • CAP assistant technique instrument de musique option guitare au lycée F. Léger Bedarieux
  • BMA technicien en facture instrumentale option guitare : 2 ans après le CAP au lycée F. Léger Bédarieux
  • FC (formation complémentaire) lutherie : 2 ans après le bac au lycée George Sand de Briantes
  • DMA (diplôme des métiers d’arts) 2 ou 3 ans après bac à École nationale de la lutherie, lycée J-B Vuillaume de Mirecourt (88).

A noter qu’il existe de nombreuses écoles privées telle que l’école Internationale de Lutherie d’Art Jean-Jacques Pagès mais vous pouvez aussi assister à des formations courtes ou des stages de lutherie pour apprendre ou vous faire une idée du travail.

 

Il n’est pas rare pour des luthiers français de partir étudier à l’étranger, voici quelques écoles des plus fameuses :

 

 

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