Viole d’amour

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La viole d’amour est un instrument baroque qui s’apparente à la famille des violes. Ses origines sont assez mystérieuses et sont très souvent débattues mais nous tâcherons à travers cette page d’en apprendre un peu plus sur ce cousin du violon.

 

Origine de la viole d’amour

La viole d’amour est un instrument baroque d’origine européenne qui semble de toute évidence puiser ses inspirations dans les traditions orientales . Plusieurs indices nous orientent dans cette direction : premièrement l’utilisation du « sabre flamboyant » en guise d’ouïes qui est un symbole associé à l’Islam.  Également une des caractéristiques courante sur cette viole est l’utilisation de cordes sympathiques qui lui procure ce son si particulier, l’usage de ce procédé était lui aussi plus fréquent en orient (sarangi en inde, rubab au moyen-orient, etc…). Finalement, l’instrument appelé à l’origine viole des Maures (peuple musulman originaire d’Afrique du Nord qui s’est étendu à la péninsule ibérique, une partie de la France, les îles de Malte et la Sicile pendant le Moyen-Age) aurait progressivement été transformé en viole d’amour par abus de langage.

On dit aussi souvent qu’elle devrait son nom à la tête de femme aux yeux bandés garnissant la volute, symbole de l’amour aveugle.

La popularité de la viole d’amour a commencé à croître à partir de la fin du 17ième siècle en Europe en figurant dans certaines œuvres de compositeurs de l’époque tels que : J.S Bach, Antonio Vivaldi ou Joseph Haydn. Puis, face à des orchestres de plus en plus grands et puissants, celle-ci tomba en désuétude au cours du 19ième siècle face à la famille du violon. De l’intérêt pour cet instrument renaît avec la recherche d’authenticité que l’on rencontre au 20ième siècle dans l’interprétation de la musique baroque et la re-découverte des violes qui en donnaient tout le son et le sens.

 

Les descendants

La viole d’amour a tout de même laissé une emprunte dans le paysage musical qui a perduré au fil des siècles, se traduisant principalement sur les instruments du folklore. La violetta marina ou le siné keman turc sont vraiment de très proches parents et le hardingfela norvégien ou le violon d’amour sont des violons dotés de cordes sympathiques.

 

La situation actuelle

Aujourd’hui, la viole d’amour vit de beaux jours, avec ses joueurs fantastiques qui jouent en solo ou en ensemble de chambre. De nombreuses pièces écrites sont disponibles et beaucoup de luthiers en produisent de magnifiques exemplaires. De même, de plus en plus de professeurs et de musiciens se laissent séduire dans l’apprentissage de cet instrument. Faisant de lui, plus que jamais, un digne représentant de la famille des instruments à cordes frottées.

 

 

Structure

Les violes d’amour se présentent dans de nombreuses formes et façons de jouer. Toutes ces libertés prises par les fabricants de l’ère baroque ont largement contribué au mystère qui entoure cet instrument.

Une viole d'amour sur un établi avant le vernis
Une viole d’amour sur un établi avant le vernis

Le corps

La forme d’une viole d’amour est relativement similaire à celle d’une viole et peut se présenter sous plusieurs formes :

  • La forme sans coins, comme une guitare.
  • La forme avec coins, comme une viole.

Comme les violes, cet instrument possède un fond plat, incliné en son sommet, des éclisses très hautes et parfois une rosace sur la table, juste en dessous de la touche. L’un des points qui la distinguent d’une viole est que celle-ci ne possède pas de frettes.

 

La tête

La tête de l’instrument se retrouve sous différentes formes, suivant principalement deux styles : une tête sculptée dotée d’une figure animale ou humaine ou d’une forme stylisée de bouclier ou de cœur. Cette partie est vraiment très libre et le cheviller, la sculpture de tête ou la touche peuvent être très ornementés ou bien dans un style plus sobre et classique.

 

Les cordes

Le nombre de cordes sur une viole d’amour varie généralement entre 6 et 14, mais certains modèlent en possédaient encore d’avantage. Ces cordes étaient divisées en deux catégories : les cordes jouables et les cordes sympathiques.

  • Les cordes jouables sont des cordes en boyau présentes au dessus de la touche, accordées généralement en quartes et en tierce. Leur accordage devaient s’adapter différentes pièces jouées par les musiciens (scordatura) avant d’être standardisé en La Ré La Ré Fa# La Ré vers la fin du 18ième siècle. Elles sont généralement au nombre de 6 ou 7.
  • Les cordes sympathiques qui passent sous la touche, sont souvent en métal et vibrent par résonance avec les notes sont jouées, créant un effet fantomatique. Ces cordes doublent généralement les cordes de jeu.

 

Viole d’amour par Guillaume KESSLER en 2015 :

 

La fabrication de la viole d’amour

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