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Description
Voici un violon Albert Deblaye ~1920 du maître Mirecurtien dans sa période la plus recherchée. Ces instruments sont populaires de nos jours pour leur régularité et leur excellente projection acoustique. C’est également spécimen particulier puisque Lucien Schmitt sélectionna et termina cet instrument.
Violon Albert Deblaye ~1920
Le violon en bref
- Année de fabrication : ~1920
- Modèle : Guarneri
- Cordes : Thomastik Rondo
- Accessoires : ébène avec ajusteur Hill
Les mesures
- Longueur du fond : 354 mm
- Mensurations : 165 / 112 / 206 mm
- Longueur vibrante : 327 mm
- Diapason : 195 mm
- Longueur du manche : 128 m
- m
- Poids total : 442g (monté)
Identification du violon Albert Deblaye ~1920
La construction
Ce modèle, inspiré directement des formes de maîtres Crémonais, se base sur un modèle de Guarneri Del Gesu. La volute se base sur un modèle standard.
La table
La table en deux pièce d’épicéa alpin est très belle, avec ses lignes de croissance régulières et moyennement espacées. Les ouïes sont coupées à la française selon le modèle d’origine et les pattes sont moyennement creusées. La voûte n’est pas exagérément plate, ce qui est plutôt bon signe. Enfin, son état est excellent malgré une gerce au niveau de la patte d’ff aiguë qui est parfaitement stable après réparation.
Le Fond
Le fond en deux pièce d’érable des Balkans est tout simplement magnifique. Ses belles ondes moyennes en léger chevrons descendant sont extrêmement bien mises en valeur par le vernis gras et texturé qui les recouvre. Une partie de cette beauté est difficile à rendre en photo car elle réside dans la texture ondée de la surface qui suit les ondes de l’érable.
Les onglets sont aussi assez intéressants, car ils s’alignens sur le centre de manière plutôt élégante.
Le bouton est vraiment très joli en étant bien proportionné. Sa belle forme s’intègre très bien en transition sur les bords.
L’intérieur de la caisse
Cet instrument ne porte pas l’étiquette de son fabricant mais celle de Lucien Schmidt, un luthier réputé de Grenoble qui a eu une grande influence au cours du 20e siècle sur la Lutherie Française. Sa proximité avec les ateliers de Mirecourt est clairement établi par les sources avec son apprentissage chez Léon Mougenot (voir instrument) dont les instruments porteront aussi ses étiquettes. D’après la date, cet instrument vient du tout début de sa carrière. Lucien Schmitt était connu pour les instruments qu’il vernissait et finissait (ce qui était clairement écrit sur ses étiquettes quelques années plus tard) à partir de violons sélectionnés et achetés en blanc chez ses collègues mirecurtiens. En ce tout début d’atelier, peut-être n’avait-il pas encore créé de nouvelles étiquettes.
Les éclisses
L’assemblage des éclisses montrent une technique mircurtienne établie.
Volute et manche
La volute, qui prend forme sur des tours plus ovaux que rond se termine sur un œil lui aussi ovoïde. Sa gorge, peu profonde donne naissance à des cannelures plutôt profonde sans toutefois aller jusqu’au bout. Celles-ci se prolonge le long de l’arrière du cheviller de manière légèrement divergente pour se terminer en cul-de-poule bien fort, dessiné et symétrique.
Un autre élément caractéristique est la finition du chanfrein au niveau de l’œil qui reste épais et va très loin dans la virgule.
Le vernis
Il est probable que l’excellente qualité du vernis provienne en fait du savoir-faire de Lucien Schmitt. En fait, la qualité générale de l’instrument reflète sans doute la sélection scrupuleuse qu’il effectuait. Car il allait quand même apposer son nom et présenter cela comme son travail en fin de compte.
Le vernis est également en superbe état de conservation avec très peu d’usure pour une centaine d’année de vécu.
État de l’instrument
L’instrument est en parfait état de conservation à ce jour et présente toutes les parties originales.
Enfin, la seule réparation sur celui-ci est une gerce de rétrécissement au niveau de la patte d’ff aiguë.
Mieux connaître le fabricant
Albert Deblaye
Albert Joseph Deblaye (1874–1929) est l’une des figures majeures de la lutherie française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Installé à Mirecourt, la capitale historique de la lutherie française, il s’est distingué tant par la finesse de son travail personnel que par sa capacité à diriger un grand atelier de production de haute qualité, exportant des instruments dans le monde entier.
1. Origines et Apprentissage (1874 – 1900)
Albert Deblaye naît le 21 mars 1874 à Mirecourt (Vosges). Fils d’un artisan local, il grandit au cœur de l’effervescence de la lutherie vosgienne.
Il effectue son apprentissage chez les maîtres les plus rigoureux de sa ville natale, où il acquiert une maîtrise parfaite des techniques traditionnelles de construction et de sculpture. Pour parfaire ses connaissances et s’ouvrir à une clientèle internationale, il quitte temporairement Mirecourt pour travailler dans de prestigieux ateliers à Toulouse, puis à Paris, qui est alors le centre névralgique de la lutherie d’art en France. Ces expériences lui permettent de côtoyer des instruments de maîtres italiens anciens et d’affiner son oreille pour le réglage de la sonorité.
2. Le Maître d’Atelier de Mirecourt (1900 – 1929)
En 1900, fort de son bagage parisien, Albert Deblaye revient à Mirecourt pour fonder sa propre maison : L’Atelier Albert Deblaye.
Une double production de prestige
Deblaye comprend rapidement la nécessité de structurer son atelier pour répondre à deux types de demandes :
- Les instruments d’étude et d’orchestre : Il emploie des ouvriers hautement qualifiés à Mirecourt pour produire des instruments de série soignée sous sa supervision stricte.
- Les instruments de maître (faits de sa main) : Deblaye réserve ses meilleurs bois et son temps personnel à la création d’instruments numérotés et signés, destinés aux solistes et aux grands élèves des conservatoires.
En 1922, son entreprise prend une nouvelle envergure lorsqu’il s’associe avec la célèbre maison d’édition musicale Phalmpin. L’atelier est alors renommé « Deblaye et Cie », étendant son réseau de distribution au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Asie.
3. Mort et Postérité
Albert Deblaye s’éteint prématurément le 15 octobre 1929 à Mirecourt, à l’âge de 55 ans, au sommet de son art. Après sa mort, l’atelier continue de produire des instruments sous son nom pendant plusieurs années (dirigé notamment par son fils et ses collaborateurs), mais la production personnelle du maître s’arrête en 1929.
Pourquoi est-il important aujourd’hui ?
Pour un luthier contemporain ou un musicien d’orchestre, un Albert Deblaye (particulièrement de sa période 1910–1925) représente la quintessence de la belle lutherie de Mirecourt. Ces instruments ont vieilli magnifiquement : le bois a stabilisé ses tensions, et leur sonorité est souvent décrite comme riche, chaude, avec une excellente clarté dans les aigus. Ils offrent une alternative de premier choix pour les professionnels et les étudiants avancés recherchant le timbre d’un instrument français du début du XXe siècle sans le coût des grands maîtres parisiens du XIXe.
Sources
- Albert Deblaye – Luthier Mirecourt
- « Dictionnaire Universel des Luthiers » (Tome 1 & 2) – René Vannes : C’est la bible absolue de l’histoire de la lutherie. Cet ouvrage répertorie précisément l’atelier d’Albert Deblaye à Mirecourt, ses dates biographiques, ses collaborations (notamment avec la maison Phalmpin), ainsi que les reproductions exactes de ses étiquettes et de ses marques au fer.
- « Les Luthiers Français de la méthode Mirecourt » et archives du Musée de la Lutherie et de l’Archèterie de Mirecourt : Le musée conserve les registres d’apprentissage, les catalogues commerciaux d’époque de l’atelier Deblaye et Cie et documente l’évolution de sa production (des instruments d’étude jusqu’aux instruments de solistes faits de sa main).
- « Universal Dictionary of Violin and Bow Makers » – William Henley : Cet ouvrage de référence international apporte l’expertise critique sur son style technique. C’est ici que sont détaillés la nature de ses vernis (à l’huile et à l’alcool), ses choix de bois (l’érable ondé des Balkans) et ses préférences géométriques inspirées de Stradivari et Guarneri.
- Archives d’expertises des grandes maisons de lutherie (Rampal, Beare, Tarisio) : Le consensus des experts sur la valeur acoustique actuelle des instruments d’Albert Deblaye, leur datation (notamment l’importance de sa période dorée entre 1910 et 1925) et leur cotation sur le marché international de la musique classique.
La sonorité du violon Violon Albert Deblaye ~1920
Les sonorités de ce violon ne sont pas encore disponibles.
Informations complémentaires
| Poids | 5000 g |
|---|---|
| Instrument | Violon |
| Taille | 4/4 |
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