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Description
Cet exceptionnel et rare violon Charles Adolf GAND 1855 est vraiment représentatif de la grande lutherie parisienne du 19e siècle. C’est un instrument d’exception qui saura se révéler entre les mains les plus virtuoses.
Violon Charles-Adolf GAND 1855
Le violon en bref
- Année de fabrication : 1855
- Modèle : Stradivarius
- Cordes : Thomastik Rondo
- Accessoires : ébène avec ajusteur Hill
Les mesures
- Longueur du fond : 357 mm
- Mensurations : 168 / 110 / 20- mm
- Longueur vibrante : 328 mm
- Diapason : 195 mm
- Longueur du manche : 130 mm
- Poids total : 454g (monté)
Identification du violon violon Charles-Adolf GAND 1855
La construction
La table
La table d’harmonie se présente sous deux pièces d’épicéa jointées en leur centre. Les lignes de croissance sont bien droites et régulières dans leur largeur et leur répartition. Les ouïes sont bien droites, et symétriques. La voûte est moyenne et équilibrée. Les filets sont réalisés avec grande précision. Une seule fracture de mouvement (réparée et consolidée) est à constater entre l’ouïe aiguë et le filet.
Le Fond
Le fond se constitue d’une seule bien d’un bel érable ondé. Sa voûte est joliment sculptée et présente un bel équilibre dans son galbe. Le filet est réalisé avec précision. La jointure du haut de trouve pile sur la ligne centrale, au dessus de la cheville. Son état est parfait.
Le fond montre ses deux chevilles de construction en « demi-lune » typique d’un modèle Stradivari.
L’intérieur de la caisse
Le fond ne laisse apparaître que l’étiquette lisant « GAND Luthier du Conservatoire de Musique – Rue Croix des Petits Champs n°20 PARIS 1855 » ainsi que le numéro « 250 » verticalement à l’encre sur la gauche de l’étiquette. Sur la table nous pouvons voir huit taquets de renforcement de joint ainsi que trois marques au fer lisant « GAND BREVETE – PARIS » en forme de D (photo prise pendant l’ouverture de l’instrument pour remplacement de barre)
Cette étiquette est sûrement une des dernière qu’il utilisa avant de s’associer avec son frère Eugène sous le nom GAND Frères.
Les éclisses
Les éclisses sont cintrées dans le même érable que le reste de l’instrument avec de fines ondes.
Volute et manche
La volute est un bel exemple de la lutherie parisienne de l’époque avec une propreté d’exécution tout à fait remarquable. Elle arbore également le chanfrein noirci typique.
Le vernis
Le vernis est en excellent état de conservation comme le montre les différents clichés.
État de l’instrument
L’instrument est en parfait état de conservation à ce jour et présente toutes les parties originales.
Pour garantir la jouabilité et la sonorité, la touche a été surélevée et remplacée, une nouvelle barre d’harmonie installée ainsi que les chevilles et un montage complet.
Mieux connaître le fabricant
Charles-Adolphe Gand (1812–1866)
Charles-Adolphe Gand appartient à l’une des dynasties de luthiers français les plus prestigieuses, intimement liée à l’héritage du grand maître Nicolas Lupot (souvent surnommé le « Stradivarius français »).
1. Origines et apprentissage (1812–1845)
Né à Paris le 11 décembre 1812, Charles-Adolphe est le fils aîné et l’élève de Charles-François Gand (dit « Gand Père »). Son père, luthier de la Chapelle du Roi, avait lui-même repris l’atelier de son beau-père Nicolas Lupot en 1824. Charles-Adolphe grandit dans l’atelier familial situé rue Croix-des-Petits-Champs, le cœur battant de la lutherie parisienne de l’époque. Il y reçoit une formation d’une rigueur absolue. Il travaille aux côtés de son père jusqu’au décès de ce dernier, survenu en 1845, affinant son œil, sa technique de sculpture et l’art de formuler les vernis.
2. La direction en solitaire (1845–1855)
À la mort de son père en 1845, Charles-Adolphe prend seul la direction de l’atelier. Pendant cette décennie, il produit des instruments d’une qualité exceptionnelle. Le Style : Ses violons s’inspirent fortement du travail de son père et de Nicolas Lupot, avec des voûtes soignées, des filets d’une grande pureté et un vernis à l’huile d’un rouge-orange ou brun-orange très lumineux.
La Rareté : Très accaparé par la gestion commerciale de la maison et l’entretien des collections instrumentales officielles, Charles-Adolphe a produit un nombre relativement restreint d’instruments de sa propre main. Ses violons « solo » signés de cette période sont aujourd’hui extrêmement rares et particulièrement recherchés par les musiciens et collectionneurs.
3. L’association « Gand Frères » (1855–1866)
En 1855, l’entreprise prend un nouveau tournant. Son frère cadet, Charles Nicolas Eugène Gand, le rejoint comme associé. Ensemble, ils fondent la maison Gand Frères. Cette période d’association est marquée par une grande prospérité commerciale et la fabrication d’instruments signés collectivement. Les deux frères collaborent avec des ouvriers de grand talent, à l’image de Joseph Germain ou Charles Gaillard, qui perfectionnent leur savoir-faire dans leur atelier.
Distinctions et reconnaissance officielle
Grâce à l’excellence de son travail, Charles-Adolphe accumule les titres les plus prestigieux de l’époque :
- Luthier officiel de la Musique de l’Empereur (Napoléon III) et du Conservatoire de Musique.
- Médaille de 1ère classe lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1855.
- Nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1862. Luthier de l’Opéra de Paris à partir de 1865.
4. Fin de vie et postérité
Charles-Adolphe Gand s’éteint prématurément le 24 janvier 1866 à Paris, à l’âge de 53 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans le tombeau familial Lupot-Gand. Sa disparition marque la fin de la maison Gand Frères. Peu après sa mort, son frère Eugène fusionne l’entreprise avec une autre dynastie majeure pour créer la célèbre maison Gand & Bernardel Frères, qui dominera le paysage de la lutherie française jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Aujourd’hui encore, les instruments de Charles-Adolphe Gand sont salués pour leur projection puissante, leur timbre noble et la perfection de leur lutherie typiquement parisienne, héritière directe de l’âge d’or de Crémone.
Sources
- Dictionnaire Universel des luthiers – René Vannes
- The Brompton’s Book of Violin and Bow Makers – John Dilworth
- GAND Charles-Adolf – Viaduct Violins
- Gand Frères – Violins Docs
- GAND Cimetière Père Lachaise – APPL
La sonorité du violon Charles-Adolf GAND 1855
Les sonorités de ce violon ne sont pas encore disponibles.
Informations complémentaires
| Poids | 5000 g |
|---|---|
| Instrument | Violon |
| Taille | 4/4 |
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