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Violon Remy ~1820

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Description

Voici un violon Remy ~1820 en provenance de Mirecourt. C’est un instrument assez caractéristique de l’époque et issu d’une des famille les plus importantes de la cité vosgienne. Il n’est pas vraiment possible aujourd’hui de l’attribuer à un membre de la famille en particulier. C’est en raison du grand nombres de luthiers référencés (plus d’une vingtaine) portant le même nom de famille. Cependant, celui semble provenir de la racine familiale qui ne quitta pas Mirecourt dans la première partie du 19e siècle.

Violon Remy ~1820

Le violon en bref

  • Année de fabrication : ~1820
  • Modèle : Mirecourt
  • Cordes : Pirastro Obligato
  • Accessoires : ébène avec ajusteur « L »

Les mesures

  • Longueur du fond : 358 mm
  • Mensurations : 165 / 115 / 205 mm
  • Longueur vibrante : 323 mm
  • Diapason : 191 mm
  • Longueur du manche : 129 mm
  • Poids total : 444g (monté)

Identification du violon Remy ~1820

La construction

Bien que beaucoup d’instruments de cette époque soient des modèles un peu exagérés aux grandes dimensions, celui-ci conserve des proportions raisonnables avec une longueur de caisse de 358mm.

La table

La table en deux pièces d’épicéa alpin est plutôt belle. Notamment grâce à ses pores bien proportionnées et une belle régularité du centre vers l’extérieur.

Les brins de filets sont équilibrés entre le blanc et le noir. Les pointes aux onglets se prolongent de manière typique de l’époque jusqu’à l’extrémité du coin.

La voûte est moyenne et équilibrée sur sa largeur. La table est chevillée sur les deux blocs près du sillet et sous la touche.

Le Fond

Le fond en érable d’une pièce reflète la réalité économique de l’époque à Mirecourt, avec des bois qui sont peut-être sourcé localement. Contrairement aux bois précieux que nous pouvons voir chez leurs homologues parisiens. On y observe les même détails que sur la table en raison du très bon état de préservation de l’épicéa.

On y observe également deux chevilles près du bouton et de la mentonnière.

L’intérieur de la caisse

L’intérieur de la caisse montre une marque au fer très bien définie sur le fond lisant « REMY ».

Les blocs quant à eux sont en épicéa pour le manche et le bouton mais les blocs de coin sont en saule. Les contre éclisses sont en épicéa.

Les éclisses

L’assemblage des éclisses montrent une technique de moulage interne qui sont en accord avec les fabrications mirecurtiennes de l’époque.

Volute et manche

La volute prend forme dans un bloc d’érable assez simple, davantage par rapport au reste de l’instrument. La forme générale montre un savoir-faire indéniable mais également une rapidité d’exécution avec la présence de nombreuses marques d’outils ainsi qu’une jonction très particulière au niveau de la gorge qui montre une technique spéciale d’ouverture de celle-ci.

Le vernis

Le vernis est en excellent état de conservation comme le montrent les différentes prises de vue. Quelques éraflures et une usure de jeu au niveau du manche sont les seules parties qui laissent deviner une utilisation au cours des 200 ans d’existence de cet instrument.

État de l’instrument

L’instrument est en parfait état de conservation à ce jour et présente toutes les parties originales.

La seule réparation sur celui-ci est une fracture de rétrécissement au niveau de la patte d’ff grave.

Mieux connaître le fabricant

La famille Rémy

La famille Remy (ou Rémy) est l’une des dynasties les plus anciennes, les plus prolifiques et les plus complexes de l’histoire de la lutherie française. Active principalement entre le XVIIIe et le XIXe siècle entre Mirecourt et Paris, elle incarne la transition entre l’artisanat d’art individuel et le développement des grands comptoirs commerciaux.

Voici l’histoire de cette dynastie, suivie d’une analyse technique expliquant pourquoi l’identification précise de leurs instruments constitue l’un des plus grands casse-têtes pour les experts contemporains.

1. Généalogie et parcours de la dynastie Remy

L’ancrage des Remy dans les Vosges est extrêmement lointain : les registres de l’état civil de Mirecourt mentionnent déjà un Nicolas Remy à la fin du XVIIe siècle (en 1689). La famille s’est ensuite divisée en plusieurs branches majeures, certaines restant à Mirecourt, d’autres s’installant à Paris ou s’exportant à l’étranger.

Mathurin-François Remy (actif à Paris de ~1760 à 1800)

Il est l’un des premiers de la lignée à s’imposer durablement à Paris, s’établissant rue des Cordeliers. Travaillant dans le style typique de l’école parisienne du XVIIIe siècle, sa facture est influencée par Guersan. Il utilise des modèles assez étroits et un vernis jaune ou brun, souvent un peu sec.

Jean-Mathurin Remy (1770 – 1854)

Fils, élève et successeur de Mathurin-François, il s’établit en 1817 au 30 rue de Grenelle-Saint-Honoré à Paris, puis rue Tiquetonne.

  • Facture : Son travail surpasse en finesse et en finition celui de son père. Il utilise des bois d’érable joliment ondés et d’épicéa de grande qualité acoustique.
  • Style : Ses violons se caractérisent par des voûtes soignées, des coins délicats, de beaux trous en fa et l’application d’un vernis d’un beau brun-rouge ou brun-orangé.

Jules Remy (actif au XIXe siècle)

Fils de Jean-Mathurin, il perpétue la tradition familiale à Paris en conservant un style très proche de celui de son père, maintenant le standard de qualité de la maison.

La branche internationale et les facteurs de Mirecourt

Au cours du XIXe siècle, d’autres membres de la famille s’illustrent de façons diverses :

  • Remy de Londres (vers 1840) : Probablement issu de la branche de Mirecourt, il s’installe en Angleterre où il réalise d’excellentes copies des maîtres italiens (bien qu’on lui reproche historiquement d’avoir parfois séché ses bois artificiellement).
  • La branche commerciale « Remy – Génin » et « Remy – George » : À Mirecourt, Georges Félix Remy (1818–1873) épouse en 1843 la fille du luthier Gabriel Génin. S’associant plus tard avec le marchand Armand Hyacinthe Ferry, il développe une immense manufacture qui emploiera jusqu’à 60 personnes en 1863. Cette entreprise familiale gigantesque fabrique et vend non seulement des instruments du quatuor (cordes frottées), mais aussi des guitares, des instruments à vent et des pianos. Pour éviter les confusions, ses productions portent souvent la mention commerciale « Remy – Génin à Paris » ou « Remy – George ».

2. Pourquoi est-il si difficile de différencier les luthiers Remy ?

Pour un œil non averti (et même pour de nombreux experts), attribuer un violon anonyme ou signé à un membre précis de la famille Remy relève souvent du défi. Plusieurs facteurs expliquent cette confusion généralisée :

A. L’homonymie et la prolifération des prénoms

La famille a compté de nombreux membres travaillant simultanément ou à quelques décennies d’intervalle (Nicolas, Mathurin, Jean-Mathurin, Jules, Michel, Georges Félix, Nestor…). De plus, la coutume de l’époque voulait que l’on appose souvent le seul nom « REMY » sur les étiquettes ou au fer, sans mentionner le prénom, effaçant ainsi l’identité de l’artisan individuel au profit du nom de famille.

B. L’usage abusif et fallacieux des étiquettes (La mention « In Urbe Cremoniae »)

Au début du XIXe siècle, une quantité astronomique de violons est sortie des ateliers de Mirecourt avec la mention imprimée : « Remy Mirecourt / In Urbe Cremoniae » (Remy de Mirecourt / Dans la ville de Crémone).

  • Il s’agissait d’une stratégie purement commerciale visant à associer le nom de Remy à la prestigieuse ville italienne de Crémone (patrie de Stradivari), alors même que les instruments étaient fabriqués en série dans les Vosges. Ces étiquettes ont été imprimées et collées sur des décennies, rendant impossible l’identification du luthier réel au sein de la famille.

C. La signature esthétique commune

Beaucoup d’instruments fabriqués par la branche de Mirecourt au début du XIXe siècle partagent exactement les mêmes codes esthétiques :

  • Un grand patron (dimensions généreuses).
  • Des voûtes très plates.
  • Un vernis jaune ou brun-jaune.
  • Une caractéristique très singulière : les boutons des volutes (les yeux) sont parfois bordés ou incrustés de nacre. Cette uniformité de style, liée aux méthodes de production semi-industrielles de Mirecourt, masque la main de l’artisan unique.

D. Les fausses mentions de localisation (Le mirage parisien)

Pour augmenter la valeur marchande des instruments, la manufacture de Georges Félix Remy à Mirecourt signait fréquemment ses productions « Remy à Paris ». Les instruments étaient bel et bien fabriqués dans les ateliers vosgiens, mais estampillés « Paris » car la maison y possédait des comptoirs de vente ou des associés de prestige. Cela crée une confusion historique majeure entre la haute lutherie d’art réellement produite à Paris par Jean-Mathurin Remy et les instruments d’atelier fabriqués en masse à Mirecourt.

En résumé

Face à un violon marqué « Remy », seul un examen minutieux de la qualité du bois, de la texture du vernis (le vernis gras et riche de Jean-Mathurin s’opposant au vernis plus sec des productions de série) et des détails de sculpture de la volute permet à un expert de déterminer s’il s’agit d’une pièce de maître parisienne ou d’un excellent travail de l’atelier commercial des Vosges.

Sources

  • Le Dictionnaire Universel des Luthiers de René Vannes (la bible absolue en lutherie).
  • Le Dictionnaire des Luthiers et Archetiers d’Albert Jacquot (très précis sur l’école vosgienne).
  • Le Dictionnaire des violonistes et luthiers d’Henri Poidras.

La sonorité du violon Léon Mougenot 1954

Les sonorités de ce violon ne sont pas encore disponibles.

Informations complémentaires

Poids 5000 g
Instrument

Violon

Taille

4/4

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