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Description
Cet alto Alto R&M Millant 1949 est un bel alto du célèbre atelier parisien. Cet instrument est de la même année que leur obtention des prix prestigieux de Crémone et de La Haye.
Alto R&M Millant 1949
L’alto en bref
- Année de fabrication : 1949
- Modèle : Stradivarius
- Cordes : Panachage Alto (Thomastik/Pirastro/Larsen)
- Accessoires : Ebène et ajusteur Hill
Les mesures
- Longueur du fond : 410 mm
- Mensurations : 197 / 138 / 234 mm
- Longueur vibrante : 374 mm
- Diapason : 224 mm
- Longueur du manche : 149 mm
- Poids total : 642g (monté)
Identification de l’alto R&M Millant 1949
La construction
La table
La table en épicéa alpin à pores marquées et décroissantes sur l’extérieur est jointée en son centre.
Le Fond
Le fond d’une pièce d’érable aux ondes généreuses est très impressionnant.
L’intérieur de la caisse
À l’intérieur, nous retrouvons deux étiquettes des luthiers, dont la première fait mention de : « PREMIERS PRIX – Expositions-Concours Internationaux – de Lutherie Moderne – CRÉMONE – 1949 – LA HAYE » et la seconde « R &M. MILLANT – Luthiers d’Art – 51 rue de Rome Paris – N° 290 Année 1949″. Cette deuxième étiquette porte la signature manuscrite R et M Millant ».
Sur le milieu du fond se trouve aussi la marque au fer « R&M MILLANT à PARIS ». On retrouve également cette marque sur le bloc du manche.
Les éclisses
Les éclisses sont cintrées dans un bel érable ondé assorti. Sous le bouton du cordier, il est possible de voir la fameuse marque double losange que portaient les meilleurs instruments de Roger et Max Millant.
Volute et manche
La volute est sculptée avec maîtrise dans un bel érable ondé.
État de l’instrument
L’instrument est en parfait état de conservation à ce jour et présente toutes les parties originales. Son vernis à l’huile rouge orangé est lui aussi en excellent état de préservation.
Les perces des chevilles ont été replacées, avec de nouvelles chevilles.
Mieux connaître le fabricant
Roger & Max Millant
Roger Millant (1901–1990) et Max Millant (1903–2005) comptent parmi les plus grands maîtres de la lutherie française du XXe siècle. Associés pendant près de quarante ans au cœur de Paris, ils ont bâti une réputation internationale grâce à la rigueur de leur facture, à leur approche scientifique de l’acoustique et à leur rôle d’experts incontournables.
1. Origines et apprentissage : à l’école des maîtres
Les frères Millant sont nés dans un environnement familial imprégné de grande lutherie :
- Un grand-père illustre : Ils sont les petits-fils et les élèves directs de Sébastien Auguste Deroux (1848–1919), figure majeure de la lutherie parisienne qui fut lui-même collaborateur de Silvestre à Lyon et de Mermillot à Paris.
- L’école de Mirecourt : Pour parfaire leur éducation, les frères rejoignent la capitale de la lutherie vosgienne, Mirecourt. Max Millant y effectue son apprentissage complet auprès de maîtres renommés comme Léon Mougenot, Jacquet et Gand.
- L’exil formateur à Londres : Au début des années 1920, les deux frères s’installent temporairement à Londres pour travailler au sein de la réputée maison Dykes & Sons (sur New Bond Street), où ils acquièrent une précieuse expérience commerciale et découvrent de prestigieux instruments italiens.
2. La Maison « Roger & Max Millant » (1923–1969)
En 1923, riches de leurs expériences française et anglaise, Roger et Max s’associent et ouvrent leur propre atelier au 51, rue de Rome à Paris, l’artère historique des luthiers parisiens.
Leur atelier devient rapidement un lieu de passage obligé pour les grands solistes de l’époque.
Le style et la facture « R. & M. Millant »
Les deux frères se distinguent par une facture très soignée et une approche moderne, voire scientifique de la lutherie.
- Modèles : Ils s’inspirent principalement des grands modèles classiques italiens (Stradivari, Guarneri).
- Esthétique : Leurs instruments sont reconnaissables à leurs finitions d’une grande finesse et à l’application d’un vernis très riche et transparent, généralement de couleur orange-rouge.
- Marquage : Leurs œuvres de qualité supérieure portent souvent une étiquette signée, une marque au fer intérieure et extérieure, incluant parfois le sigle « RMM » inscrit dans un double losange sur l’éclisse du bas.
Parallèlement à leur haute lutherie d’art, ils supervisent la fabrication d’instruments d’étude d’excellente facture, souvent conçus en collaboration avec des ateliers de Mirecourt, notamment celui d’Amédée Dieudonné. De grands noms de la lutherie, à l’image de Paul et Pierre Audinot, collaboreront également avec leur maison.
3. Consécration internationale et écrits
La qualité acoustique exceptionnelle de leurs instruments leur vaut des distinctions prestigieuses dans l’immédiat après-guerre :
- 1949 (Crémone) : Max Millant remporte le 1er prix et la médaille d’argent pour un quatuor à cordes complet lors de l’Exposition de Crémone.
- 1949 (La Haye) : Le même quatuor remporte le 1er prix et les diplômes d’honneur au Concours international de La Haye.
- 1954 (Liège) : Deuxième prix pour un quatuor.
- 1960 (Ascoli Piceno) : Premier prix d’alto.
Le « Manuel pratique de lutherie »
En 1952, soucieux de transmettre leur art, Roger et Max Millant publient le Manuel pratique de lutherie. Cet ouvrage pédagogique et richement illustré (en français et en anglais) détaille pas à pas l’assemblage des quelque 70 pièces nécessaires à la fabrication d’un violon. Il reste aujourd’hui encore une référence absolue pour les apprentis luthiers et les amateurs éclairés.
4. La fin de l’atelier et leurs destins respectifs
La maison Roger & Max Millant de la rue de Rome ferme définitivement ses portes en 1969. C’est l’heure pour les frères de prendre des chemins différents :
- Roger Millant reste à Paris où il poursuit ses activités d’expertise jusqu’à son décès en 1995.
- Max Millant choisit de se retirer à Cannes. Loin de s’arrêter, il continue de fabriquer des instruments à un rythme plus calme. Ses productions cannoises, tout en conservant les critères d’excellence de la maison parisienne, arborent un style plus personnel. Il décède centenaire à Cannes en 2005, à l’âge de 102 ans.
5. Un héritage dynastique d’exception
Le nom de Millant ne s’est pas éteint avec la fermeture de leur atelier. Roger et Max ont chacun transmis le flambeau de l’excellence à leur fils respectif, qui se sont illustrés de manière remarquable dans l’archèterie française :
- Jean-Jacques Millant (1928–1998) : Fils de Roger, formé à Mirecourt chez les frères Morizot, il est devenu l’un des archetiers français les plus talentueux et recherchés de sa génération.
- Bernard Millant (1929–2017) : Fils de Max, luthier et archetier d’exception. Établi à Paris en 1950, il est devenu l’expert mondial absolu de l’archet français et co-auteur de la bible historique sur le sujet, L’Archet – Les archetiers français (1750-1950).
Sources
- Roger & Max Millant – Viaduct Violins
- Musée de Mirecourt
- Universal Dictionnary of Violin and Bow Makers – William Henley
La sonorité de l’alto R&M Millant 1949
Les sonorités de cet alto ne sont pas encore disponibles.
Informations complémentaires
| Poids | 5000 g |
|---|---|
| Instrument | Alto |
| Taille | 4/4 |
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