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Description
Ce violon Léon Mougenot 1954 est une des dernières production de l’atelier, en raison de sa mort la même année.
Violon Léon Mougenot 1954
Le violon en bref
- Année de fabrication : 1954
- Modèle : Stradivarius
- Cordes : Thomastik Peter Infeld
- Accessoires : ébène avec ajusteur Hill
Les mesures
- Longueur du fond : 354 mm
- Mensurations : 163 / 112 / 202 mm
- Longueur vibrante : 328 mm
- Diapason : 195 mm
- Longueur du manche : 130 mm
- Poids total : 460g (monté)
Identification du violon Léon Mougenot 1954
La construction
La table
La table en deux pièces d’épicéa jointes en leur centre montre des pores variables et peu marquées. Les ouïes sont coupées sans laisser de gras sur les parties externes et des pattes d’ff très peu creusées. Les coins sont très délicats, comme le reste de l’instrument.
Le Fond
Le fond en érable de deux pièces à chevrons descendant sur la partie haute puis plus droites sur la partie basse montre une très belle symétrie. J’aime voir ce bouton robuste et assuré, remontant légèrement en trompette. Le travail des filets est lui aussi très propre.
L’intérieur de la caisse
Le fond arbore l’étiquette qui lit « Léon Mougenot Gauché – ex-ouvrier des 1ères Maisons de Bruxelles, Lyon, Paris, Londres » ainsi que son logo décrivant une croix de Lorraine dans un cercle qu’entourent ses initiales. Verticalement, au côté du logo se trouve la date manuscrite, écrite verticalement.
Les blocs ainsi que les contre éclisses sont en épicéa.
Pour renforcer le joint du fond se trouve neuf taquets en érables taillés en oreiller.
Les éclisses
Les éclisses sont cintrées dans le même érable bien ondé que le reste de l’instrument.
Volute et manche
La volute est un bel exemple de l’exécution maîtrisée de l’école mirecurtienne. Son œil est délicat et la virgule très finement ciselée. Le chanfrein est parfaitement executé et de taille moyenne. La fin de la cannelure sous le coquillon est bien dessinée et profonde, ce qui prouve une attention particulière aux détails encore présent à cette époque. De l’autre, côté, nous voyons un cul-de-poule (jonction entre le manche et la volute) très caractéristique, et bien dessiné.
Le vernis
Le vernis est en excellent état de conservation comme le montre les différents clichés. Sa réalisation d’origine en copie d’ancien montre bien apparaître les textures et le fond doré.
État de l’instrument
L’instrument est en parfait état de conservation à ce jour et présente toutes les parties originales.
Présence d’une fracture réparée et renforcée sur la table, du côté aigu en bas, ainsi qu’une gerce réparée également sur le sillet de corps du côté des aigus.
Mieux connaître le fabricant
Léon Mougenot
Léon Victor Mougenot (1874–1954) est l’un des maîtres-luthiers les plus importants et les plus influents de l’histoire de la lutherie vosgienne à Mirecourt. Surnommé « le 15 grammes », il est à la fois reconnu pour l’excellence de sa production personnelle et pour avoir dirigé l’un des ateliers-écoles les plus prolifiques du XXe siècle, formant une part majeure des grands noms de la lutherie européenne.
1. Un héritage familial profondément ancré dans les Vosges
Léon Victor Mougenot naît à Mirecourt en 1874. Il est issu d’une lignée de facteurs d’instruments parmi les plus anciennes de la région : ses ancêtres, à l’image de Nicolas Mougenot (dit « La rivière »), vendaient déjà des violons à Mirecourt dès l’année 1649.
2. Le « Tour de France » d’un apprenti d’exception (1887–1899)
Le parcours de formation de Léon Mougenot est remarquable. Il commence son apprentissage dès l’âge de 13 ans (en 1887) auprès d’Émile Laurent. Il entreprend ensuite un véritable tour des plus prestigieuses maisons européennes de l’époque :
- Bruxelles (1887–1894) : Il rejoint l’atelier de Georges Mougenot, le cousin de son père, chez qui il parfait sa technique pendant sept ans.
- Lyon : Il intègre la célèbre maison de Paul Blanchard.
- Paris : En 1896, il travaille pour le grand maître parisien Paul Jombar, avec qui il conservera d’étroites relations commerciales tout au long de sa vie.
- Londres (1898) : Il achève son parcours initiatique dans la plus prestigieuse maison d’expertise du monde, W. E. Hill & Sons. Cette expérience lui ouvre les portes du marché britannique, dont il restera un fournisseur privilégié.
3. L’établissement de l’atelier de Mirecourt (1899–1952)
Fort de ce bagage international, il revient dans sa ville natale et fonde son propre atelier en 1899, situé au 4 avenue Victor Hugo à Mirecourt.
En 1904, il épouse Adèle Jacquet. Celle-ci n’est autre que la fille de Gabriel Jacquet (dit Jacquet-Gand), un luthier mirecurtien hautement réputé pour la facture de ses contrebasses. Ses instruments porteront parfois la marque manuscrite « Fait par L. Mougenot Jacquet » à l’intérieur du fond.
Les trois signatures de l’Atelier Mougenot
- « Léon Mougenot » (Production haut de gamme / pièces de maître)
- « Léon Mougenot-Gauché » (Gamme intermédiaire, du nom de sa mère)
- Commandes pour de grandes maisons (Hill & Sons, Paul Jombar…)
4. Style, facture et caractéristiques des instruments
La production de Léon Mougenot jouit d’une réputation acoustique et visuelle exceptionnelle.
- Modèles : Ses instruments s’inspirent principalement de la pure tradition classique italienne, en particulier d’après les modèles de Stradivari et plus rarement de Guarneri.
- Vernis : Le travail de finition est remarquable. Ses plus belles pièces reçoivent un vernis gras, riche, de couleur rouge-brun ou brun doré. Les instruments de sa gamme intermédiaire (Mougenot-Gauché) partagent ces lignes très soignées typiques de Mirecourt.
- Marquage : Ses étiquettes portent généralement la mention de ses passages dans les grandes capitales (« ex-ouvrier des 1ère maisons de Bruxelles, Lyon, Paris, Londres »), accompagnée d’une marque au fer intérieure portant ses initiales « L. M. ».
5. Un atelier-école : pépinière de la lutherie du XXe siècle
Si Léon Mougenot est inscrit au panthéon de la lutherie, c’est aussi pour sa rigueur et ses qualités de pédagogue. Son atelier a attiré et formé une quantité impressionnante d’apprentis et d’ouvriers qui sont devenus par la suite des géants de la profession. Parmi les plus célèbres, on peut citer :
- Max Millant (co-fondateur de la maison parisienne Roger & Max Millant).
- Charles Enel (grand luthier parisien).
- René Jacquemin, Jules Jacquot, Marcel Grandcolas ou encore Eugène Richard.
- Ses vernisseurs attitrés, notamment le célèbre Louis Vigneron (dit « Zico ») qui officia à ses côtés dans les années 1920.

Après plus d’un demi-siècle d’activité continue, l’atelier ferme définitivement ses portes à sa mort en 1954. Ses instruments, recherchés pour leur clarté et leur puissance de projection, continuent d’être activement joués par les musiciens professionnels.
Sources
- Dictionnaire Universel des luthiers – René Vannes
- The Brompton’s Book of Violin and Bow Makers – John Dilworth
- Léon MOUGENOT – Viaduct Violins
- Léon MOUGENOT – Luthier Mirecourt
La sonorité du violon Léon Mougenot 1954
Les sonorités de ce violon ne sont pas encore disponibles.
Informations complémentaires
| Poids | 5000 g |
|---|---|
| Instrument | Violon |
| Taille | 4/4 |
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