Fabriquer ses propres petits outils de lutherie

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On peut facilement et soi-même fabriquer ses propres petits outils de lutherie. Certains sont très simples à réaliser, d’autres nécessitent plus de précision et de temps à faire. Chaque outil peut être modifié et refait, jusqu’à se l’approprier pleinement et trouver la taille et l’agencement idéals. La prise en main, le confort, le design sont des paramètres propre à chacun. 

Fabriquer ses propres petits outils de lutherie - les outils de l'atelier
Quelques outils de l’atelier

 

Fabriquer ses propres petits outils de lutherie

J’ai donc, sur les conseils de M. Kessler, fabriqué quelques outils de lutherie qui peuvent être utiles au quotidien. En voici des exemples :

Cale-chevalet

Réalisé à partir d’un bloc en érable, il sert à maintenir le chevalet en place pendant qu’on travaille dessus. La face qui accueille le chevalet est formé par une pente douce et un rebord pour le caler. De l’autre côté, un petit morceau de bois ou de plastique fixé par une vis amovible s’insère dans un trou pour s’adapter à la taille et la forme de chaque chevalet. Plusieurs trous différents peuvent être faits, on peut ainsi modifier l’emplacement et accueillir aussi bien des chevalets de violons que d’altos.
Le tout est chanfreiné, passé aux différents papiers de verre et scellé d’une couche de gomme-laque.

Fabriquer ses propres petits outils de lutherie - Cale-chevalet
Parfait pour travailler sur le chevalet.

 

Outil de mesure de l’emplacement de l’âme

Il s’agit d’une carte en plastique souple, que l’on coupe en deux. On insère une partie à l’intérieur jusqu’à toucher l’âme. L’autre partie, sur la table, vient nous indiquer son emplacement par rapport au chevalet. Elle permet donc de faire les ajustements nécessaires et de déplacer l’âme jusqu’à parvenir au bon endroit. Même si l’outil est très simple à fabriquer, il faut bien choisir sa carte. Si elle est trop dure ou trop souple, elle ne se placera pas correctement en haut de l’âme, le plus près possible de la table, et ne donnera pas une bonne indication.

Carte pour la lecture du positionnement de l'âme
La carte doit toucher en douceur l’âme, sans être pliée ou forcée pour ne pas fausser la mesure.

 

Cales à poncer

Des blocs de contre-plaqués mis à l’équerre, bien plats, suffisamment longs et d’une épaisseur d’environ 50mm, sur lesquels on applique du papier de verre à l’aide de scotch double-face. Chaque face a un papier au grain différent, du plus épais (240) au plus fin (1000). Ces outils permettront par exemple de lisser la surface du chevalet, ou d’enlever les traces de lime sur les chevilles, en passant chaque papier les uns après les autres.

FabriquerCales à poncer
Chaque cale comporte deux faces, avec un grain différent.

 

 

Outil de prolongement de la touche sur le chevalet

C’est un simple crayon coupé en deux. On pose la partie plate sur la touche, et par un mouvement de va-et-vient, on trace son prolongement en posant la mine contre le chevalet. Cette opération permet ensuite de déterminer la hauteur du bord supérieur du chevalet, qui dépend de la forme même de la touche et doit s’y adapter.

Fabriquer ses propres petits outils de lutherie - Outil de prolongement de la touche
Un crayon coupé en deux permet de projeter une ligne droite.

 

 

Et surtout,

Le manche de canif

Parmi les différents outils de lutherie, celui-ci est essentiel : si on ne fabrique pas ses manches de gouges ou de ciseaux, ceux des canifs sont à concevoir de toutes pièces ! Les lames – ici des lames japonaises – parviennent « brutes » au luthier. Il faut les aiguiser et leur donner la forme voulue, puis l’insérer dans un manche. Plusieurs techniques sont possibles, l’une d’elle étant de faire une mortaise. A partir de chutes de bois bien rabotées et planes, on délimite la largeur de la lame – la longueur du manche peut sans problème dépasser celle de la lame –, ainsi que sa hauteur. Celle-ci fait 3mm, on passe donc le scalpel sur les lignes tracées jusqu’à descendre à 3mm. Cela permet de guider par la suite la création de la mortaise.

A l’aide d’un ciseau fin, on creuse à l’intérieur des deux traits de scalpel, en rasant les bords en premier lieu, puis en arrasant au milieu. Une fois que la lame passe bien dedans, il faut que l’autre pièce de bois, que l’on plaque par-dessus pour mettre la lame « en sandwich », soit parfaitement en contact avec la première pièce, que rien ne bouge.

On colle le tout avec une colle à bois simple. Puis on scie le surplus, on rabote, râpe, lime jusqu’à obtenir la forme voulue. Il est possible de faire des chanfreins aux extrémités, d’arrondir ou non les bords…Les possibilités sont infinies. Chaque luthier peut faire varier la forme jusqu’à trouver celle qui lui convient le mieux.

 

La lame est insérée dans les deux pièces de bois

 

 

Canifs
Mes deux premiers canifs

 

Lire l’article Le canif du luthier pour plus de détails

 

Fabriquer ses propres petits outils de lutherie – Qu’en conclure ?

Voilà quelques exemples qui permettent de voir que les premières expériences de l’apprenti avec le bois ne se font pas forcément sur les instruments de musique : fabriquer ses outils de lutherie constitue un bon exercice pour apprendre à maîtriser certaines techniques. Raboter les morceaux des futurs canifs, mettre à l’équerre les cales, polir les surfaces ou les chanfreiner…Le travail n’est pas forcément parfait, mais il oblige déjà à essayer d’être soigneux, car il s’agit d’outils utiles dont on peut se servir longtemps.

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